Symbole de l’art français et monument phare de Paris, le Grand Palais est bien plus qu’un lieu d’expositions ou de salons. Son architecture majestueuse et ses décors équestres témoignent d’un lien profond et ancien avec l’univers hippique. De la fin du XIXe siècle jusqu’à ce week-end où il accueille le gratin de l’obstacle à l’occasion du Saut Hermès, le cheval a été au cœur de la vie du Grand Palais, faisant de cet édifice un théâtre incontournable de l’équitation sportive et mondaine.
Le concours hippique : une tradition fondatrice

Tout commence en 1866, lorsque la Société Hippique Française (SHF) organise son premier concours au Palais de l’Industrie. Ce lieu accueillera pendant plusieurs décennies les rendez-vous annuels de la fine fleur de l’équitation française. Mais la construction du Grand Palais, à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900, scelle un tournant. Démoli, le Palais de l’Industrie laisse place à un nouveau monument, conçu dès l’origine pour accueillir le concours hippique.
C’est en pensant à ces compétitions que la nef, spectaculaire espace central (200 x 50 mètres), voit le jour. L’ampleur de la piste imposée pour les épreuves d’attelage et de saut d’obstacles détermine les proportions de l’édifice. En particulier de sa verrière emblématique. Dès 1901, le Grand Palais flambant neuf accueille le concours, dont la popularité va croissant. Attelages, démonstrations de manœuvres militaires, sauts d’obstacles et courses de vitesse s’enchaînent pour le plaisir d’une foule aussi passionnée que mondaine.
Un rendez-vous mondain et militaire
Le concours hippique devient un événement où se croisent les chevaux d’exception et la jeunesse dorée de Paris. Les spectateurs ne se pressent pas uniquement pour admirer les prouesses équestres : le paddock et ses abords deviennent un véritable défilé de mode et de sociabilité. Ce spectacle de l’élégance culmine avec des moments d’apparat comme la grande parade militaire de 1935, célébrant le tricentenaire des Dragons, où cavaliers en costume historique et dragons motocyclistes se succèdent sur la piste sablée.
Le cheval dans la pierre et le métal

Le cheval n’est pas seulement au cœur des manifestations, il est aussi omniprésent dans la décoration du Grand Palais. Des portes cochères aux rampes d’accès pour les attelages, des écuries souterraines aux frises céramiques de Joseph Blanc illustrant les triomphes romains, tout dans le bâtiment évoque le rôle central du cheval dans la culture française. Les célèbres quadriges de Georges Récipon, surnommés par la presse « les chevaux du Grand Palais », ajoutent encore à cette symbolique équestre omniprésente. Mais l’installation d’écuries dans le sous-sol du Grand Palais affecte rapidement la bonne conservation du monument : l’infiltration de l’urine des chevaux dans le sol en terre battue attaque les massifs en bétons armé et corrode les piliers porteurs du monument. Amplifiés par les variations de niveau de la nappe phréatique, ces dommages imposent une première consolidation des fondations à la fin des années 1930.

Le Saut Hermès : la tradition réinventée
Si les concours hippiques historiques s’interrompent en 1957, remplacés par les salons automobiles et autres grandes expositions, la passion équestre ne quitte jamais complètement les lieux. Depuis 2010, le Saut Hermès fait revivre chaque année cette tradition équestre prestigieuse, réaffirmant le Grand Palais comme haut lieu de l’élégance cavalière. Preuve que les années passent mais que rien ne change vraiment, les invités se pressent pour voir mais également se montrer lors de l’évènement symbole du chic. Ce concours de saut d’obstacles international cinq étoiles réunit les meilleurs cavaliers et chevaux du monde dans un cadre somptueux, alliant raffinement, sport de haut niveau, et ambiance parisienne unique.

Organisé par la maison Hermès, dont les racines sont profondément ancrées dans la sellerie de luxe, le Saut Hermès s’inscrit dans la continuité des concours hippiques d’antan, tout en leur apportant une touche contemporaine. Le public, tout aussi sélect et passionné, retrouve ainsi sous la verrière historique le sable des pistes, les applaudissements, et ce lien indéfectible entre Paris, le cheval et l’art de vivre à la française. Absent du Grand Palais depuis 2020 pour cause de pandémie et puis de réfection du bâtiment en vue des Jeux Olympiques de Paris, le Saut Hermès, après s’être délocalisé au Palais Éphémère, réintègre son.

Aujourd’hui, qu’il s’agisse des vestiges des écuries souterraines, des chevaux sculptés qui ornent ses façades ou de l’enthousiasme populaire qui entoure encore le Saut Hermès, le Grand Palais mérite plus que jamais le titre que la presse lui donnait déjà au début du XXe siècle : celui de « Grand Palais du cheval ». Un monument d’exception, pour une tradition équestre intemporelle.
Vers les résultats du Saut Hermès 2025 ici
(Cover Photo © GL Events)
(So Horse avec « Les Dossiers pédagogiques du Grand Palais » et Grand Palais.fr)