Ce jeudi soir, l’artiste peintre Liska Llorca était sur les hauteurs de Liège à la Sellerie Lucas à Grâce-Hollogne pour un évènement organisé par Nathalie Berleur qui avait déjà accompagné l’artiste dans la réalisation de l’énorme fresque qui orne désormais le Horse-Inn de l’aéroport de Liège quelques kilomètres plus loin. Une collaboration qui aura donné l’idée de cette soirée où l’artiste française aura réalisé un live painting devant les invités accompagnés d’un concert de Lyra Pearl le tout accompagné de produits régionaux grâce à la maison de vins liégeois, VivArdent.
Une soirée qui se sera déroulé dans la bonne humeur permettant également aux nombreux spectateurs de découvrir quelques œuvres de la saumuroise dans une petite exposition qui sera accessible encore ce vendredi.

« La fresque de l’aéroport de Liège a été une mise en danger extraordinaire. Ce qui se passe à cet aéroport est énorme. Beaucoup de gens me parlent régulièrement du transport de leurs chevaux et souvent dans les conversations, on se rend compte que leurs chevaux passent par Liège. C’est une fourmilière incroyable où il fallait donner de l’allant à ses chevaux qui sont en cage pour leur transport mais aussi rendre hommage à tous ces hommes qui s’en occupent. C’est important car dans cet endroit c’est incroyable le nombre d’humains qui veillent sur les chevaux. Il fallait aussi faire avec les contraintes techniques de la matière sur laquelle je devais peindre mais aussi le froid auquel elle serait exposée. C’était vraiment une immense fierté pour moi et je ne peux que remercier une fois de plus Christian Jaucot qui a eu cette idée. Il y a énormément de poésie au final dans cet œuvre et elle m’a permis de rencontrer énormément de vrais amoureux des chevaux au niveau du sport, des soins des chevaux, des gens qui accueillent les chevaux, des gens qui vendent des maisons … Les gens sont des nomades et dans cet aéroport on retrouve cette idée de population nomade qui a fait ce que l’humain est devenu, c’est-à-dire qu’il a conquis la terre et le cheval conquiert la terre grâce à ce lieu-là. C’est vraiment quelque chose de très puissant. » entame l’artiste avant d’évoquer son lien particulier avec la Belgique. « C’est ma terre de cœur, la Belgique est l’endroit où j’ai pris tous les risques au niveau de ma carrière car il y a des gens qui m’ont fait confiance même si les Saintes-Maries-de-la-Mer, d’où je reviens d’ailleurs, ont aussi une place très spéciale dans ma vie. En fait, la Camargue est une terre d’accueil … et l’on y retrouve beaucoup de belges. Tout est né de là-bas et cela fait dix ans que je viens ici régulièrement au fil des gens que je croise. Puis contrairement à ce que beaucoup pensent, il y a une lumière magnifique en Belgique. Comme ce soir encore, j’ai l’impression de retrouver le soleil et la lumière de Van Gogh, probablement parce que la Hollande n’est pas très loin. Chaque fois que l’on m’appelle, je viens ! L’aéroport a donné une poésie supérieure vers les arts équestres et ça, c’est vraiment intéressant. J’ai même des Américains qui m’ont dit qu’ils étaient passés par Liège et qu’ils avaient vu les dessins. C’est phénoménal… tout ça pour un dessin sur un mur ! Il est certain que lors d’exposition comme ici, mes toiles sont à vendre… mais pour moi, ce qui est vraiment important, ce sont les arts vivants comme ce qui s’est passé ce soir avec la création de cette toile. C’est vraiment ce que je préfère car c’est une véritable mise en danger comme un cavalier à cheval. Un cavalier d’obstacle va tenter de donner la meilleure ergonomie possible à son cheval pour qu’il soit le plus efficace possible lors de ses sauts. Je fais la même chose ! J’essaie de donner la même ergonomie possible au cheval … c’est le même boulot ! Il n’y a rien de mieux que d’être dans les arts vivants avec ces chevaux, c’est vraiment intéressant. J’aime beaucoup le travail d’atelier et de vendre à des gens et des collectionneurs. C’est intéressant aussi mais je suis persuadé qu’en parallèle de ce travail, il faut que j’aie une activité où je transpire, où j’ai les mains dans le cambouis … comme un cavalier et tous les humains qui se lient aux chevaux. Je pourrais en parler pendant des heures. Le graph est un art accessible à tous, un art de signe et de communication. Avoir des sportifs de haut niveau qui me disent qu’ils ont vu la trace de mon travail, cela me touche beaucoup. »

Une peinture qui aura eu de nombreuses incidences sur la carrière de l’artiste … comme l’idée de cette soirée qui aura rassemblé beaucoup de monde. « C’est une véritable réussite. Je ne peux que remercier Nathalie Berleur et Ludivine Lucas pour toute l’énergie qu’elles ont dépensée pour organiser cette soirée. J’ai retrouvé beaucoup d’amis ici. Le corona virus a cassé beaucoup de liens qu’il faut désormais recréer. Il faut reparler des arts vivants, des chevaux … il faut remettre tout ça en route. Il y a plein de projets qui sont nés ce soir grâce à Nathalie qui a eu le génie de mettre ceci en place. C’était le moment pour le faire. Je ne prenais pas beaucoup de risques mais elles, elles ont osé et c’est une réussite totale. »
Photo : Nathalie Berleur, Liska Llorka, Lyra Pearl et Ludivine Lucas.
Retrouvez Liska Llorka sur les réseaux sociaux :
https://www.facebook.com/liskallorca
https://www.instagram.com/liskallorca/