C’est une finale avec suspense qui marqué la fin de cette première saison de la Ligue des Nations. Le rendez-vous barcelonais qui a sacré une Manschaft revancharde après le fiasco par équipe aux Jeux de Paris (seul Christian Kukuk avait sauvé l’honneur teuton, et comment, en remportant l’or individuel). L’équipe qui avait remporté la première manche de la saison de cette LLN (c’était à Abu Dhabi au mois de février), se devait de terminer en beauté. Mais pour cette finale à Barcelone, l’Allemagne, avec pour représentants: Jana Wargers avec Dorette Old, André Thieme avec Chakira, Richard Vogel avec United Touch S et Christian Kukuk avec Checker 47, allait devoir composer avec des concurrents qui lui avaient déjà mené la vie dure cette année. L’Irlande et la Suède en tête.

A mi-parcours, l’Allemagne partageait la première place avec les Pays-Bas, tous deux avec un compteur vierge. Par contre derrière c’était déjà la Bérézina pour l’équipe helvète présentant 24 points à son compteur et dans une moindre mesure également pour les Etat-Unis et l’Espagne crédités chacun de 12 unités.
En embuscade, la France, la Suède et le Brésil avec 4 points. l’Irlande étant dans le ventre mou avec 8 points.
L’heure des choix.
Vient alors le moment pour les chefs d’équipe de choisir les trois qui repartiront pour l’ultime round…
Du côté de la Manschaft, c’est Jana Wargers (auteure de 4 points (tombés) en première manche) qui passe à la trappe. L’amazone expliquant:« Nous avons décidé que les autres chevaux étaient en meilleure forme que le mien aujourd’hui ».

Côté Bataves, Lars Kersten, pourtant sans faute en première manche (alors qu’Harrie Smolders comptait 5 points), devra se contenter d’encourager ses coéquipiers du bord de piste.
Les choses se corsent pour l’Allemagne. Thieme termine son parcours avec une faute alors que Maikel van der Vleuten signe un double sans faute avec son double médaillé de bronze olympique, Beauville Z N.O.P.
Les Allemands commencent à trembler quand le champion olympique, Christian Kukuk, fait tomber deux barres. « J’ai juste eu l’impression de ne pas avoir été assez précis… je pouvais sentir que Checker n’était pas à son meilleur niveau. Son dernier concours était à Paris (Jeux Olympiques), et cela fait quelques semaines. Tout avait été préparé pour cet objectif, puis il a eu une pause, et c’est son premier gros concours depuis. » déclarera le cavalier des écuries Beerbaum.

Mais Kim Emmen, montant Imagine, remet les deux équipes à égalité avec un addition lourde de 12 points au moment de sortir de la piste du Polo Club de Barcelone.
Tout se jouera donc entre ces deux nations puisque derrière la Suède et l’Irlande faiblissent (12 points chacun), sans parler du Brésil qui s’effondre (20 points).
Le dixième cavalier mondial, Richard Vogel, peut être serein aux commandes de l’incroyable United Touch S. Il boucle le parcours tracé par Santiago Varela avec une facilité incroyable. S’offrant un double zéro à son tour. « Aujourd’hui a été une grande journée pour nous ! », a déclarera Vogel qui en a pourtant déjà connu beaucoup d’autres avec son étalon magique.

La pression est sur le dernier à s’élancer, Harrie Smolders. Il n’a pas droit à l’erreur s’il veut forcer les Allemands à aller au barrage. La première barre du double en décide autrement. 4 points pour Smolders et Uricas v/d Kattevennen qui fontt monter les Pays Bas à 16 unités alors que l’équipe d’Otto Becker s’impose avec 12 points.
La Suède complète le podium alors qu’en bas de classement, la Suisse sauve l’honneur en évitant la dernière place grâce à une chute de Kevin Staut synonyme d’élimination pour la France.


Bilan d’une première (courte) saison.
Force est de constater que cette formule hybride (une première manche ou chaque nations présente quatre cavaliers avec un « drop score » suivie d’une seconde manche avec seulement trois cavaliers, où tous les résultats comptent cette fois) a tenu ses promesse en ce qui concerne le suspense. Par contre, la FEI va devoir travailler sur le calendrier parce que 3 manches, hors finale, (le rendez-vous de St Gall étant passé à la trappe pour cause d’intempéries), c’est vraiment beaucoup trop peu pour parler d’une réelle saison. D’autant plus que ddans ces condition, une contre performance se paye cash au classement et élimine déjà presque immédiatement de la finale l’équipe concernée…demandez aux cavaliers belge. Il faut dire que le nombre d’Officiels historiques passés sous couleurs Rolex ces dernières années ne facilite pas l’établissement d’un calendrier digne de ce nom pour la série Longines. La FEI n’aura peut-être pas le choix de faire rentrer un jour dans sa ligue des concours de seconde ligne au risque de la dévaloriser.
Les résultats de la finale de Barcelone ici
(Crédit photos: © FEI/ Leanjo de Koster)