Il y a des chevaux dont la longévité est exemplaire. Rokfeller de Pléville (L’arc de Triomphe x Apache d’Adriers) en fait partie. À 19 ans, il a remporté le week-end dernier le premier Grand Prix 5* de Rabat, dernière manche du Global Champions Tour avant les play offs, sous la selle du cavalier espagnol Eduardo Alvarez Aznar.
Une belle occasion de revenir avec son éleveuse, Vallérie Allix sur la trajectoire de ce poulain hors norme.
« Cette année-là, j’avais fait plusieurs transferts d’embryons avec L’élue du Rozel (Apache d’Adriers x Narcos II). C’était une jument très bien née avec un papier exceptionnel issue de la souche du Rozel, sœur d’Eden du Rozel notamment. En revanche, physiquement, c’était une très petite jument. A l’écurie, on l’appelait Bouboule, elle était toute ronde! J’avais mis Kannan avec qui j’ai eu Ravissante de Pléville qui a évolué en Coupe des nations pour la Suisse avec Faye Schoch, puis après un essai infructueux avec Diamant de Sémilly, j’ai tenté L’arc de Triomphe… C’était un cheval très spécial, mais il pouvait ramener de la force, de la taille.

L’élue avait évolué sous la selle de Stéphane Rage pour les 4 et 5 ans, puis je l’ai vendue quelques mois après avoir fait les embryons à une cliente d’Alexandra Ledermann qui l’a montée durant sa carrière sportive. Lorsque Rokfeller est né, Rodolphe Bonnet, qui était mon compagnon, a réussi à me convaincre de lui vendre le poulain. Il l’a ensuite fait approuver au Selle Français à 3 ans. Au fur et à mesure de sa compétitivité, mon Rokfeller de Pleville est même devenu Rokfeller Bois Margot dans le catalogue étalon… Je trouve que c’est un réel manque de considération pour le travail de l’éleveuse! Aujourd’hui encore, je ne trouve pas très juste de voir le nom du cheval affublé de l’affixe Bois Margot… mais c’est ainsi. Pourtant, je ne lui en tiens pas rigueur puisque j’ai réutilisé L’arc de Triomphe cette année sur Jus d’Orange DK (Mylord Carthago & Vialotta d’Ick) qui fait partie des grandes promesses de l’écurie.

« Le voir aux JO était une expérience particulière«
« J’ai toujours suivi la carrière du cheval comme celle de tous les chevaux qui naissent chez moi. Faire naitre ses poulains, les sécher dans la paille, cela crée vraiment des liens. Je suis finalement assez triste du peu d’échange que l’on peut avoir avec les cavaliers des chevaux que nous produisons. Avec Eduardo Alvarez Aznar, nous avons eu l’occasion de discuter une fois à lors des ventes Fences d’avril 2024 … mais le contact n’est pas aisé. Je suis vraiment heureuse néanmoins de voir qu’ils aient gagné ce week-end à Rabat. Le voir aux Jeux Olympiques de Paris était vraiment une expérience particulière qui m’a vraiment fait plaisir d’autant plus que j’ai eu l’occasion d’accéder au paddock grâce à un ami, ce qui était un petit moment privilégié pour moi. Je trouve que chaque naisseur devrait pouvoir obtenir un pass pour accéder au plaisir de faire une caresse à son cheval, à quelque niveau que ce soit….
Comme le dit l’adage : Pas de pied, pas de cheval ; Pas d’éleveur, pas de cavalier….. » nous raconte Valérie Allix, fondatrice de l’élevage de Pléville.

(Photo cover ©LGCT)